«Spotify Wrapped»: voici comment la plateforme calcule votre âge d’écoute
Comme chaque année, le géant du streaming publie un récapitulatif personnalisé pour ses utilisateurs. Une nouveauté, l’âge d’écoute, enflamme les réseaux sociaux.
C’est la même musique depuis dix ans. Chaque décembre, le phénomène «Spotify Wrapped» déferle sur les réseaux sociaux. Ce bilan annuel fourni par la plateforme guide les auditeurs à travers leurs artistes, albums et genres favoris, le tout agrémenté de commentaires ironiques. Pour 2025, c’est l’ajout d’un «âge musical» qui déchaîne les passions et les commentaires.
Un calcul pas si logique
À l’approche de vos 30 ans, voilà que la plateforme vous en donne 10 de moins (à l’image de la journaliste qui rédige ces lignes)? Ou au contraire, Spotify vous vieillit de plusieurs décennies? Quelle logique derrière ces estimations? La plateforme a anticipé la question. Sur son site , le géant du streaming expose sa méthodologie. Spoiler: elle n’a rien d’une évidence.La plateforme analyse toutes les chansons que vous avez écoutées en 2025.Elle se focalise ensuite sur la tranche de cinq ans où vous avez écouté plus de titres que les autres utilisateurs de votre âge.Cette période est comparée à l’âge qu’aurait une personne selon la théorie du «pic de réminiscence», qui dit qu’on reste généralement attaché à la musique de notre jeunesse.Ainsi, si vous écoutez surtout des tubes de la fin des années 70, votre «âge d’écoute» pourrait être de 63 ans, soit l’âge que quelqu’un aurait aujourd’hui s’il avait été adolescent à cette époque.L’idée n’est donc pas de refléter l’âge réel, mais de révéler l’époque musicale censée «nous toucher le plus profondément».

Du sens, quand même
Tout cela vous semble flou? Selon «The Guardian» , c’est normal, car le concept n’est pas logique. Du moins, si on le prend au pied de la lettre. Lorsqu’on analyse les conséquences concrètes de l’attribution d’un âge d’écoute (fictif) aux auditeurs, une certaine logique émerge.
«Rien de tout cela n’a de sens, jusqu’à ce que l’on voie à quel point provoquer la colère d’utilisateurs rapporte à Spotify. Dans les premières vingt-quatre heures, la campagne Wrapped de cette année a été partagée 500 millions de fois sur les réseaux sociaux, soit une augmentation de 41% par rapport à l’an dernier», écrit le titre britannique.
Sur les réseaux sociaux, les mèmes sur le sujet connaissent d’ailleurs un franc succès. Une preuve que la plateforme a réussi, cette année encore, à faire parler de son «Wrapped», même si ses auditeurs connaissent la chanson depuis 2015.
https://x.com/shesbonky/status/1996422344936706467?t=gMoP3t7X-xvhoXWDS7Vp5Q&s=19
Un miroir algorithmique?
Au-delà du divertissement, cette fonctionnalité soulève des questions plus profondes sur notre rapport à la musique et aux algorithmes. Le «New York Times» s’interroge: ces bilans formulés par des algorithmes reflètent-ils vraiment nos goûts ou sont-ils façonnés par les suggestions automatiques, elles aussi décidées par les algorithmes?Caitlin Begg, fondatrice d’Authentic Social, laboratoire spécialisé dans les rapports entre sociologie et technologie, évoque «l’algorithmisation de la vie quotidienne» dans les colonnes du quotidien américain. Selon elle, nos habitudes d’écoute pourraient davantage révéler la commodité des playlists automatiques qu’un véritable choix personnel. «Avez-vous découvert ce groupe indie par goût ou parce qu’il s’est lancé automatiquement après Taylor Swift?» questionne la chercheuse.